Clinique Radiologique  Dunkerque

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PARTIE II : L’IRM

I)   Présentation

II)    Principe de fonctionnement de l’IRM

I)            Présentation

 1)  Quelques dates

    L’imagerie par résonance magnétique (I.R.M.) dérive d’une application de la technique d’analyse chimique par résonance magnétique nucléaire (R.M.N.), dont la découverte remonte à 1946. L‘appareil ressemble à un scanner, à la différence que ce n’est pas un bloc de radiation qui est utilisé mais de résonance. Cet appareil fonctionne grâce à un aimant et à des ondes radio pour produire des images des organes et des tissus de l’organisme.

 

IRM à champ ouvert


2)     Idée principale

    L'IRM ou Imagerie par Résonance Magnétique Nucléaire est une technique non invasive, d'une totale innocuité, basée sur le principe de la résonance des atomes de certaines molécules (en imagerie diagnostique : l'hydrogène) sous l'action de certaines ondes de radio-fréquences.

L'appareil est constitué d'un tunnel formé d'un aimant très puissant (0,1 à 1,5 Tesla) entourant le lit d'examen sur lequel s'allonge le patient.
Des antennes spécifiques y sont connectées.


Certaines émettent une onde radio-fréquence qui excite ou stimule les noyaux d'hydrogène contenus dans l'eau composant nos cellules (près de 80% du poids corporel est constitué d'eau).


Après arrêt de la stimulation (qui dure à peine quelques millisecondes) les atomes d'hydrogène restituent cette énergie qui se dissipe dans différents plans de l'espace sous l'action du champ magnétique de l'aimant.

L'énergie est alors captée par d'autres antennes dites antennes réceptrices puis analysée par un puissant ordinateur qui construit alors une véritable carte énergétique de la partie du corps étudiée.


Suivant la composante en eau des tissus analysés, leurs vascularisations et leurs pathologies éventuelles, les images seront différentes et l'ordinateur réalise des images en noir et blanc d'une très grande sensibilité et très précieuses pour le diagnostic, notamment en matière de pathologie tumorale ou infectieuse.


Il est ainsi possible de réaliser des coupes dans tous les plans de l'espace et ce de pratiquement n'importe quelle partie du corps humain comme si l'on effectuait une étude à ciel ouvert sans bien entendu toucher le malade.

 

IV)   Principe de fonctionnement de l’IRM

   1)      Principe de la Résonance Magnétique Nucléaire

  a)   Magnétisme et atomes

  Le principe de la R.M.N. exploite la propriété qu’ont les noyaux atomiques de se comporter comme des dipôles magnétiques dans un champ magnétique. Les noyaux tournent sur eux-mêmes et possèdent un spin (vecteur représentant l’axe de rotation) ou moment magnétique qui se comporte comme un aimant.

Moment magnétique angulaire de spin ou spin

C'est un vecteur qui représente l'axe de rotation du proton sur lui-même

   
  Sans effet extérieur, cet aimant s’oriente dans n’importe quelle direction, de façon aléatoire. Mais lorsqu’il est soumis à un champ magnétique B constant et homogène (de 0,2 à 2,0T), il s’oriente selon des directions bien précises :

Dans un champ magnétique, le spin du proton s’aligne selon 2 positions :

parallèle (Sud Nord) ; antiparallèle (Nord Sud)

 Les deux positions ne sont pas équivalentes. Elles correspondent à des niveaux d'énergie différents.

Il faut un paquet d'énergie ou "quantum" moins élevé pour mettre un proton en position parallèle.

Or les protons suivent la règle générale : moins on en fait, mieux on se porte.

Par conséquent, il va y avoir un tout petit peu plus de protons alignés en position parallèle dans le sens du champ magnétique.

Sur 2 millions et 3 protons, alignés dans un champ magnétique de 0,3 teslas, il y en aura 1 million + 3 dans le sens du champ magnétique, sens parallèle, et 1 million dans le sens antiparallèle.

Donc entre les deux positions, parallèle et antiparallèle, il existe une différence d'énergie DE.

C'est cette différence entre les deux niveaux d'énergie qui va rendre possible la détection d'un signal de résonance magnétique.

Lorsqu'on augmente l'intensité du champ magnétique, on augmente la différence d'énergie qui existe entre les deux états des spins.

Ce faisant, on augmente le signal, mais aussi certains artéfacts et autres inconvénients, ce qui fait que l'on ne peut pas augmenter le champ magnétique au-dessus de deux teslas.

b)   Résonance et signal

  Lorsque les noyaux alignés reçoivent un apport d'énergie sous la forme d'une onde électromagnétique dont la fréquence est égale à la fréquence de résonance du noyau (fréquence de Larmor), ils entrent en résonance et basculent du sens parallèle au sens antiparallèle, c'est-à-dire de l'état fondamental de basse énergie au niveau de haute énergie.

Pour indication, l’hydrogène résonne :

_ à 21,2 MHz dans un champ de 0,5 tesla

_ à 42,5 MHz dans un champ de 1,0 tesla

_ à 63,8 MHz dans un champ de 1,5 teslas

Lorsque l'émission RF s'arrête, le proton reprend sa position initiale et restitue cette énergie, sous la forme d'un signal, que l’on représente comme une sinusoïde amortie :


Cette sinusoïde se caractérise par :

Sa fréquence : c'est la fréquence de résonance.

Son amplitude de départ : elle est fonction du nombre de protons dans l'échantillon, de l'intensité de l'onde RF, de l'intensité du champ magnétique, de l'environnement physico-chimique des protons. L'amplitude s'exprime sous la forme d'une intensité de courant induite par l'onde radiofréquence dans la bobine réceptrice.

La pente de la courbe de décroissance : cette pente présente une décroissance exponentielle.
La décroissance est dite libre, parce qu'elle s'effectue librement après arrêt de l'impulsion RF. Cette impulsion RF a induit un signal, d'où le nom de décroissance de l'induction libre ou en anglais "Free Induction Decay" ou encore FID.

 Les protons alignés dans le champ magnétique sont représentés par un vecteur de magnétisation M qui a deux composantes, la magnétisation longitudinale Mz et la magnétisation transversale Mxy.  

Une impulsion de radiofréquence appropriée diminue Mz et augmente Mxy.


A l'arrêt de l'impulsion RF, le retour à l'état d'équilibre s'accompagne d'une part de la restauration de la magnétisation longitudinale (au cours de cette remagnétisation, il y a des échanges d’énergie importants avec les molécules avoisinantes), d'autre part de la décroissance de la magnétisation transversale (qui correspond au déphasage des spins). Les temps de relaxation T1 et T2 caractérisent alors la structure chimique et la composition du matériau étudié :

Restauration longitudinale (T1)

C'est la raison du contraste en IRM. Voici, à titre d'exemple, la valeur du T1 de certains tissus dans un champ de 1 Tesla (en millisecondes).

Graisse

240 ms

Muscle

730 ms

Substance blanche

680 ms

Substance grise

809 ms

LCR

2500 ms

Les temps de relaxation T1 sont de l'ordre de la seconde.

 

Restauration transversale (T2)

     Le T2 des tissus biologiques est environ 10 fois plus court que leur T1. Voici quelques valeurs de T2 dans un champ de 1 Tesla.

Graisse

84 ms

Muscle

47 ms

Substance blanche

92 ms

Substance grise

101 ms

LCR

1400 ms

 

 

Les temps de relaxation T1 et T2 sont donc les éléments qui permettent de déterminer la nature de la structure analysée. Le choix de l’enregistrement en T1 ou en T2 améliore la possibilité de différenciation des tissus. Phase et fréquence permettent la reconstruction tomographique en elle-même.

   

2)     Le matériel

 a) L'aimant principal

Cet aimant va produire un champ magnétique Bo. La fréquence de résonance des protons sera proportionnelle à la valeur du champ principal Bo. Le Bo peut être produit par:

- Un aimant résistif: C'est un électro-aimant. Un courant électrique parcourt la bobine entourant un noyau de fer doux. Ce type de bobine produira de la chaleur par effet de Joule, un champ magnétique relativement faible.

- Un aimant supraconducteur: Il sera basé sur le même principe mais sera refroidi à une température proche de 0°K. Il y a ainsi création d'un aimant de champ élevé avec une consommation d'électricité plus faible. C’est le type d’aimant installé aujourd’hui.

- Un aimant permanent: Il peut être créé par un ensemble de corps paramagnétiques. Il faut que le Bo soit très homogène: c'est un facteur de qualité de l'appareil. Cependant il ne sera jamais entièrement uniforme: il le sera à 10^-5 ou 10^-6 près. L'intensité du Bo conditionne la qualité de l'image. Le rôle du Bo est de faire entrer les protons en résonance.

b) Les bobines de gradient

On va superposer à Bo un gradient de champ magnétique en fonction de l'espace. Ce champ magnétique est produit par des bobines parcourues par un courant continu. Il y aura des paires de bobines: il faut deux bobines pour créer un gradient de champ et une paire par direction de l'espace. Elles réalisent une variation graduelle de champ B dans l'espace permettant un codage spatial de l'image.

c) Les antennes de champ radio fréquence

Les ondes radio fréquences sont constituées par un champ magnétique et par un champ électrique perpendiculaire entre eux. Ces antennes vont émettre un champ B1. Ce champ sinusoïdal, variable en fonction du temps, est de valeur assez faible. Leur rôle va être d'émettre les impulsions radio fréquences et permettre la réception du signal.

d) Schéma fonctionnel

Schéma fonctionnel de l’IRM  

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Dernière modification : 27 octobre 2007